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Réagir AVANT le burn-out : mode d'emploi

Vous avez remarqué, le mot « burn-out » se banalise. Ce fléau prend de l’ampleur. Et le contexte qui demande d’être et de paraître toujours plus performant n’arrange pas les choses. Les conséquences du burn-out sont dramatiques pour ceux qui en sont victimes. Or, ce qui me frappe chez mes clients en burn-out, ce sont leurs leitmotiv : « Si j’avais su » « Si j’avais réagi plus tôt »… Comment auraient-ils pu faire pour éviter d’en arriver là ?

L’expérience montrant que tomber dans le burn-out n’est pas une fatalité, je vous propose ces éléments de réflexion. Puissent-ils vous faire prendre conscience de ce qui vous arrive à temps pour éviter le crash. Promis, vous en ressortirez réconciliés avec votre enthousiasme professionnel. Et aussi plus sûrs de vous et en meilleure santé.

La sphère professionnelle envahit votre espace

1. Et d’abord, QUI est susceptible de faire un burn-out ?

A priori, toutes les personnes en activité professionnelle. MAIS les plus à risques sont les personnes les plus motivées, les plus engagées et dynamiques. Les piliers de l’organisation, ou les dirigeants qui ont créé leur entreprise. Pourquoi ?

  • Leur travail a du sens. Elles sont donc impliquées émotionnellement pour la réussite de leur organisation.
  • Elles adorent leur métier, et déploient tous leurs talents dans les situations complexes qui sont autant de challenges à relever.
  • Elles mettent toute leur énergie dans leur travail et leurs réserves semblent sans limites : elles partagent leurs idées, montent des projets et travaillent avec une productivité étonnante.

C’est le rêve éveillé de nombreux managers que je vous décris là. Sauf que. Il y a un petit défaut dans la cuirasse de ces candidats au burn-out. Ce sont des personnes qui ne savent pas bien poser leurs limites. Ce qui commence à coincer quand lesdites limites sont franchies. Et cela, ni l’aspirant au burn-out ni son management ne le réalisent tout de suite.

2. QUAND s’inquiéter ? L’entrée dans le processus du burn-out

Le fait est qu’à un moment, la balance entre ce qui coûte de l’énergie et ce qui ressource l’organisme commence à pencher du côté des dépenses, de façon plus systématique. Et le stress s’installe.

Je souligne souvent que le mot le plus important dans la définition du stress professionnel, c’est « déséquilibre ». De fait, si vous êtes soumis à un stress récurrent, vous êtes constamment en train de compenser. Vous compensez votre charge de travail en empiétant sur votre temps de repos. D’abord, c’est exceptionnel. Puis cela devient systématique. Cela commence par la suppression de cette pause-déjeuner hebdomadaire sandwich-marche avec un collègue. Puis la mise aux oubliettes des activités choisies pour décompresser, voir du monde ou vous faire plaisir. Vous n’y allez plus, parce que vous êtes fatigué, parce qu’il fait trop moche, etc. Les contacts sociaux sont vécus comme des contraintes. L’important est que vous êtes plus facilement joignable en-dehors des heures de bureau. Forcément, votre organisme a de moins en moins de possibilité de récupération. Le stress devient chronique.

Votre cerveau est sur mobilisé par des sujets professionnels. La sphère travail commence à prendre toute la place. Jusque dans vos valeurs : vous faites passer l’atteinte de vos objectifs de travail avant la satisfaction de vos valeurs fondamentales. C’est à ce moment-là que vous êtes en danger, mais aussi encore capable d’arrêter la machine.

3. COMMENT changer ? Écoutez votre meilleur ami !

Penser uniquement au travail, à vos objectifs professionnels, à vos échéances au boulot… Votre meilleur ami a compris très vite que vous étiez en danger. Sympa, il vous a prévenu qu’il y avait quelque chose de pourri dans votre royaume : c’est lui qui est à l’origine de vos lombalgies, maux de tête, problèmes digestifs… Ah vous faites la sourde oreille ? Il va gueuler ses avertissements plus forts : sciatiques, entorses, problèmes de tensions, insomnies, blocage cervical, hyperventilation respiratoire… Accorder ENFIN de l’attention à ce que vous dit votre corps est la meilleure façon de prendre conscience du problème. Et aussi de le faire taire.

À partir de là, tout ce qu’il vous reste à faire, c’est de rétablir l’équilibre en délimitant les frontières de votre sphère professionnelle. Le travail n’a pas à occuper toutes vos pensées ni à mobiliser toute votre énergie. Encore moins à prendre la place de vos valeurs. Si vous souhaitez continuer à être efficace et motivé, il vous faut récupérer des forces dans les mêmes proportions que celles que vous avez dépensées. Concrètement comment faire ?

  • Rééquilibrez votre temps de travail. Les heures excédentaires sont votre joker pour les cas d’exception. Elles ne doivent plus être une norme. Ce faisant, non seulement vous ménagez votre organisme, mais en plus, vous rendez visible un dysfonctionnement dans votre entreprise. S’il y a de la surcharge de travail, un conflit de responsabilités ou une mauvaise répartition des tâches, comment votre management peut-il le savoir ? Plutôt que d’essayer de résoudre le problème tout seul, mettez-le en lumière.
  • Limiter son temps de travail, c’est aussi être en mesure de poser vos limites. Donc de sortir du fantasme de la perfection. Apprenez à en faire moins. Allez à l’essentiel. Dressez l’inventaire de tout ce que vous faites et déléguez ce qui peut l’être. Apprenez à dire NON, sans aucune justification. Vous développerez votre assertivité. Et rassurez-vous, ce que vous faites, vous continuerez à le faire bien.
  • Recentrez-vous sur vous, et réservez-vous du temps et de l’énergie. Qu’est-ce qui est vraiment important pour vous ? Le sport, les activités manuelles, la musique, les retrouvailles avec votre entourage… Toutes ces activités vous ressourcent et sont, au même titre que votre travail, un moyen de satisfaire vos valeurs profondes (la liberté, la famille, l’intégrité…). L’équilibre dépenses d’énergie / recharge des batteries favorise également un bon sommeil. Votre meilleur ami va adorer.

En résumé, avant d’arriver au burn-out

  • Il y a des phases pendant lesquelles il est possible de réagir.
  • Le déséquilibre physique, émotionnel et mental en faveur du temps consacré au travail est l’indicateur principal d’un début de burn-out.
  • Dès qu’apparaissent les problèmes de dos, maux de tête, problèmes de digestion et de sommeil, prêtez-y attention. Il suffit ensuite de limiter et de cadrer son activité professionnelle, en rétablissant les occasions de ressources et en vous concentrant sur ce qui est vraiment important pour vous.

Je forme et j’accompagne les dirigeants de PME et les managers à prendre conscience des risques de burn-out et de leurs sources. Ils réalisent les marges de manœuvre dont ils disposent et s’approprient des méthodes pour travailler autrement.

J’organise aussi régulièrement des ateliers pluri disciplinaires en ligne pour vous donner des techniques anti-stress. Cela vous intéresse ? Parlons-en ensemble, contactez-moi.

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